Cassel et la sensualité des Flandres

Les nuages partent du sol et la pluie
mouille car les gouttes n’ont pas l’occasion de se disperser en
tombant du ciel. Sur l’ A14 dans le brouillard de l’autoroute, un
camion en panne provoque un ralentissement de Kruishoutem à
Waregem. Il est dix heures lorsque nous trouvons un emplacement de
parking dans le haut de la ville.

En descendant vers le musée de Flandres, nous croisons un ‘chartreux’ et un chat noir qui nous implorent d’ouvrir la porte de leur maison devant laquelle ils se protègent tant bien que mal des intempéries. Un Cassellois de passage nous fait remarquer que ce n’est pas un vrai chartreux, les vrais nous dit-il, ont les yeux dorés. Les mâles sont grands et toujours en chasse ce qui incite les propriétaires à les faire châtrer et la race est en voie de disparition, toujours selon l’expert local. À notre avis, le félin avait les yeux dorés. Par expérience nous accordons plus de crédit et plus de confiance aux chats qu’aux humains.

Après deux années de fermeture pour rénovation, le musée de Flandres de Cassel vient de rouvrir ses portes en octobre dernier. Il est logé dans l’Hôtel de la Noble Cour dont les boiseries et les escaliers en vieux chêne sont harmonieusement intégrés et reliés par des éléments en matériaux contemporains. Le guide dit: « Le musée est à la fois pluridisciplinaire et ouvert à la création contemporaine. Il réunit dans un même lieu des œuvres de maîtres flamands, des créations contemporaines d’artistes reconnus sur le plan international, mais aussi d’importantes collections religieuses, historiques, ethnographiques, géographiques qui se distinguent par leur rareté et leur originalité. »

Nous sommes aussi venus voir l’exposition temporaire qui a comme thème: « Sensualité et volupté, le corps féminin dans la peinture flamande du XVIe et XVIIe siècle ». La notion de sensualité et l’idéal du corps féminin ont évolué depuis Jordaens. Les poses lascives ne feront pas bander les visiteurs et l’accoutumance actuelle à l’anorexie rendent les belles bien nourries non conformes aux normes des catwalks. Comme toujours, dans chaque exposition que nous visitons, une ou deux ‘perles’ retiennent notre attention et justifient le déplacement. Dans la collection permanente, nous sommes émerveillés par la beauté du tableau de Gérard David, ‘La Vierge à la soupe au lait’.

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Le Contemporain, Dürer et Van Eyck

Je suis un contemporain et j’aime l’art du même nom.

Aujourd’hui, dans l’oeil du cyclone de fin d’année, après les bougies, les boules rouges, les arbres coupés et les cadeaux reçus et distribués et avant les feux d’artifices du 31, nous décidâmes d’aller voir à  Bruges, l’exposition ‘Van Eyck à Dürer’.

Ma mère aurait dit ‘que de bondieuseries’ et en effet, le Primitifs Flamands n’ont d’oeil que pour les scènes religieuses. Le Groeningemuseum  est un endroit d’exposition sinistre, les plafonds sont gris, les murs sont gris, la lumière naturelle est grise et l’éclairage artificiel date des années cinquante, avant l’invention des spots chatoyant.

Nous adorons les petites statuettes d’Adam et Eve de Conrad Meit ainsi que les esquisses de Saint-Christophe et le lion de mer par Dürer.

Et Van Eyck et les autres dans tout ça? De très bons peintres flamands du 15e siècle.

Dans la foulée et dans la foule des touristes qui arpentent les rues de la ville morte en dépit d’un crachin glacial, nous poursuivîmes notre journée culturelle par le ‘point de vue’ de Luc Tuymans sur l’Europe centrale.

Les oeuvres choisies sont exposées dans 5 endroits différents de la ville, entre autre dans les halles du beffroi et au séminaire épiscopal.

Les voûtes de chêne des halles sont une merveille architecturale, les peintres Flamands s’y seraient sentis à l’aise.

Les bâtiments et volumes choisis par Tuymans pour cette exposition sont majestueux. La continuité de l’exposition est soulignée par de larges constructions en contre plaqué clair qui servent comme supports aux oeuvres. Dans le séminaire épiscopal ce sont des panneaux placés en parallèle aux murs existants, dans les halles du beffroi, un alignement de volumineuses boîtes forment des salles dans les salles.

On y projette un ravissant dessin animé de Takashi Murakami, intitulé KaiKai Kiki, ‘Planting the Seeds’. La présence de ce japonais parmi les artistes de l’Est surprend mais le contraste est un des attraits de l’art contemporain.

Un des mur du cinquième étage des couloirs d’accès du ‘Concertgebouw’ au ‘t Zand recèle une oeuvre amusante que je reproduis ci-dessous. Nous sommes séduits tant par l’architecture du lieu que par la vue insolite de la ville.

En fin de parcours, nous découvrons, suspendue sous la voûte en chêne du musée ‘Memling in Sint-Jan’, la baudruche gigantesque à l’effigie de Pawel Althamer qui a plané quelque temps sur les rues de Bruges.

Pour notre grand plaisir, à notre retour, comme à l’aller, nous sommes arrêtés un moment devant un pont levis du canal de Gand à Bruges, le temps de laisser passer un commerce chargé de containers marins, vive le transport fluvial!

Je présente à tous ceux qui me lisent, mes meilleurs voeux de bonheur et de santé pour l’année nouvelle.

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La biche du Michigan et la Saint-Hubert à Ooidonk

Au Michigan, les ‘Christians’ sont tellement croyants qu’ils estiment que le Pape est un agnostique.
Mon ami Bill et sa famille sont de cette foi et afin que leurs enfants et petits enfants ne soient pas contaminés par des pensées impures, voir pire encore, par des hérétiques comme l’athée que je suis, ils leurs prodiguent une scolarité in vitro, à la maison.
Cela mis à part, ce sont des gens charmants et accueillants.
Un jour d’un hiver particulièrement froid, Bill m’invita à participer à une chasse au cerfs avec une poignée d’amis, dont un prêtre et ses deux fils ainés.
Il me prêta un fusil et pour 12,50 $, j’achetais un permis saisonnier à la supérette du coin.
Nous partîmes la veille au soir pour loger dans une cabane en rondins à l’orée du terrain de chasse, un gigantesque bois à la dimension du pays.
Le lendemain matin vers quatre heures, dans le noir absolu, nous prîmes un petit déjeuner rapide après quoi mes comparses se mirent à genoux pour prier Dieu de leur donner une bonne chasse.
Leurs voix furent entendues, car un des fils tua un jeune bouc alors que moi, l’incroyant, terré dans mon trou enneigé pendant plusieurs heures, je ne vis ni n’entendis aucun animal digne d’être trucidé.
Il y a quelques semaines, par un beau dimanche ensoleillé, mon épouse m’emmena promener dans la belle nature entre les méandres de la Lys à Ooidonk.
Le hasard voulu que le Comte avait organisé ce matin là dans la prairie devant son château, l’annuelle fête de bénédiction des chevaux et des chiens, sous le patronage de Saint-Hubert.
De très nombreux cavaliers avaient répondu à l’appel et nous les vîmes tourner en cercle devant le prêtre, catholique celui-ci, maniant son goupillon.
Les chasseurs étaient aussi de la fête et le tout fut agrémenté par une harmonie de cors de chasse d’un plus bel effet.
Dieu aime le gibier.

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Pierre est mort et Jan aussi

Mercredi dernier mon ami Pierre a été incinéré au crématoire Westlede à Loochristi.

La cérémonie avait réuni famille, amis et connaissances professionnelles.

Les petits-enfants ont chanté, les enfants ont récité des poèmes et ont lu des regrets, le doyen de la faculté a retracé sa carrière et ses amis, dont moi, ont prononcé des eulogies.

Pierre était toujours plein d’humour et d’espièglerie, je voulus que mes paroles et mon témoignage le fussent aussi.

Il était un de ces amis de toujours, ceux dont on ne retrace plus exactement l’origine de l’amitié. Nous avons usé ensemble les bancs de l’athénée et les pupitres de l’école des ingénieurs.

Pierre avait l’habitude de venir régulièrement vers midi pousser la porte de ma maison familiale et ma mère qui aimait que l’on profite de sa cuisine, lui glissait une assiette en précisant que c’était « à la bonne franquette. »

Jan est mort hier, je l’appris par un coup de fil d’une amie commune.

Il avait 64 ans et Pierre venait d’en avoir 69, ce sont des âges où statistiquement en Flandre on n’est pas encore supposé mourir.

Dans le train de ma vie, certains amis restent avec moi dans le même wagon pendant le trajet et d’autres changent de wagon en cours de chemin. D’aucuns descendent avant moi et je vais descendre avant d’autres.

Pierre était resté dans mon compartiment, on se voyait régulièrement. Jan en avait pris un autre en cours de chemin, ma mémoire de notre amitié remonte 30 années en arrière.

Coïncidence ou pas, les deux comparses étaient des originaux. Pierre était docteur ingénieur, professeur d’université, chercheur, brocanteur et artiste, tout en douceur, discrétion et en silence. Jan était un autodidacte, acousticien renommé, musicien, collectionneur d’objets en Bakélite, rond de sa personne, artiste aussi et flamboyant.

Mon wagon se vide, le train poursuit sa route.

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Silkeborg et le chien de ma soeur

Le chien de ma soeur est un jeune berger Allemand de quatre mois d’âge, appelé Raksha, du nom de la louve qui accueillit Mowgli.
Ma soeur a épousé un Danois et elle a quitté la ville de Gand en Belgique il y a quarante-cinq ans pour aller s’installer à Laven au Danemark dans un village situé à 969 km au nord de Sankt-Gallen en Suisse, la ville natale de notre maman, sur le même méridien 9°40′.
L’endroit est charmant, la maison est entourée de larges prairies et de forêts d’essences variées, on se croit dans la province du Luxembourg. C’est la raison pour laquelle lorsqu’ils viennent en Belgique, ma soeur et son mari vont en Ardenne, question de ne pas être dépaysés.
Le Danemark est moitié moins peuplé que la Belgique, et cela se voit. Un journaliste du New York Times remarqua un jour que la Flandre était une grande ville avec beaucoup de verdure.
Copenhagen mis à part, le Danemark est un grand parc sauvage avec beaucoup d’eau, entouré de mers pleines d’îles avec ici et là un village, une petite ville et une maison blanche au toit de chaume.
Silkeborg avec ses 44.000 habitants, est à 13 km, la ville la plus proche de Laven.
Sa renommée remonte à son usine de papier dont les bâtiments en brique rouge ont été mutés depuis quelques années en un complexe multi-usage.
L’ancienne ‘Papirfabriken’ comprends des appartements de luxe, des boutiques diverses et 5 salles de cinéma.
La ville est cerclée de nombreux lacs et le deuxième point d’attraction local est le Hjejlen, un vapeur à aubes de 150 ans d’âge, le plus vieux du monde selon les brochures touristiques. Avec ses soeurs plus modernes il parcourt les lacs et il dessert un circuit pittoresque dont le pied du Himmelbjerget, le deuxième point le plus haut du Danemark qui culmine à 147m au dessus du niveau de la mer.
Le musée d’histoire de Silkeborg exhibe fièrement le Tollundman, le troisième joyau de la ville. Cet ‘homme des tourbières’ est un être humain dont les restes momifiés ont été conservés dans une ancien puits à tourbe du Jutland. Malgré qu’il soit probablement mort assassiné, son visage est serein et il semble dormir en paix. En 1976 la police danoise pris l’empreinte digitale de son pouce, ce qui fait de cet artefact le plus ancien témoignage anthropométrique judiciaire au monde.
Malgré nos deux visites annuelles depuis un peu moins d’un demi siècle, nous ne nous lassons pas des promenades dans les bois et autour des lacs. A chaque saison, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la nature danoise continue à nous enchanter.

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Flensburg et le Lieutenant Johan

Le premier lieutenant Johan Sigismund von Falkenskjold est un des officiers danois morts le 25 juillet 1850 dans la bataille qui opposa son armée aux soldats de l’armée de Holstein.
Sur les plaques commémoratives du cimetière, le grade des officiers est libellé en français, la langue usuelle des nobles de l’époque.

Le vieux cimetière de Flensburg est situé en hauteur à l’ouest, vers le milieu de la Nordstraße. Cette colonne vertébrale presque rectiligne serpente la ville du Südermarkt à la Nordertor et elle épouse le contour de la baie qui forme le port. Dans le musée maritime une maquette montre que cette rue est la plus ancienne de la cité, elle est croisée par des ruelles qui descendent de la colline vers le fjord. On y trouve essentiellement des commerces et des restaurants. Côté fjord, les ruelles s’ouvrent sur les cours intérieures des anciens entrepôts du port, appelés « Speicher. »

En route pour le Danemark, nous avons fait halte dans cette ville que nous ne connaissions que par le poste frontière qui porte son nom.

Rattachée à la Prusse en 1864 après la guerre des Duchés, la ville fut danoise pendant plus de 400 années.
Une forte minorité y habite encore et la pub des magasins de la Norderstraße est souvent bilingue.
Avant le traité de Schengen, les Danois débarquaient en masse dans les supermarchés locaux pour s’approvisionner en bière et boisons alcoolisées. Aujourd’hui encore, les touristes scandinaves parcourent toujours les magasins à la recherche de bonnes affaires.

Flensburg rejoignit la Ligue Hanséatique sur le tard et elle connut son époque de gloire grâce au commerce du rhum. Le sucre brut des Indes occidentales danoises était importé et raffiné dans cette ville et elle devint le deuxième port du Danemark après Copenhague.
Pour la petite histoire, les Antilles danoises, aujourd’hui, les Virgin Islands, furent vendues contre 25 millions de dollars US aux États-Unis d’Amérique le 12 décembre 1916.
Ils étaient intéressés par la position stratégique des îles proche du Canal de Panama.

Comme d’habitude, nous parcourons la ville à pied, de musées en cimetières, de cimetières en églises, d’églises en magasins et lorsque le soleil perce, nous flânons sur les quais du port. Le musée maritime est en partie constitué par une belle flottille d’anciens voiliers en bois, amarrés dans le fjord.

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Le tiercé favori et la fin du voyage

Par un beau soleil d’automne nous larguons les aussières et nous quittons Hannelore, Baldur et leurs deux chiens pour aller nous amarrer dans le port de la Kastanienallee, à ‘un nautique’ plus loin.
Demain matin à 09:00 le Chat Lune sera gruté et entreposé à sec pour l’hiver.
Nos bagages sont faits, Jörg Müller, le technicien local se chargera de l’hivernage et nous ferons pour la dernière fois cette année, le trajet Potsdam-Berlin.
Un ICE nous attend à la Berlin Hauptbahnhof à 14:50, l’arrivée à la gare de notre domicile est prévu pour 22:36, sauf impondérables.

La première lettre de mes commentaires Berlinois date du 16 août passé. Avant cela, en juin, nous avions visité Potsdam, ses châteaux et ses parcs.
C’est une chose que je recommande de faire à toute personne intéressée par l’histoire de la Prusse et de Berlin.
En effet, les rois et les empereurs et tous ceux qui gravitaient autour d’eux ainsi que les Berlinois fortunés ont laissé leurs traces dans cette ville qui remarquablement rénovée, brille de tous ses éclats.

Pour clôturer cette lettre j’avais d’abord eu l’idée prétentieuse et soporifique de faire une tiercé de ce que nous avions le plus aimé, les trois musées, les trois églises, les trois cimetières, les trois jardins, ainsi de suite.

Je distille tout cela et je vous livre le seul incontournable de cette ville pleine de richesses, d’histoire et de surprises, le Reichstag.
Si vous venez à Berlin, pour un jour ou pour un an, allez voir le Reichstag.
Pour éviter de faire la file pendant deux heures, faites une demande de réservation pour une visite guidée gratuite à l’adresse suivante: besucherdienst@bundestag.de.

L’année prochaine, vers la fin avril 2011, nous reviendrons ici pour poursuivre le voyage du Chat Lune.

Marleen et moi avons adoré notre exploration de Berlin. J’ai eu beaucoup de plaisir à rédiger mes billets journaliers et je remercie tous ceux qui ont lu mon blog.
Pour les technophiles d’entre vous, j’utilise un iPad 3G, la machine à tout faire géniale pour les gens du voyage.

À partir du début mai 2011, j’ai l’intention de continuer à commenter notre voyage par un billet journalier.
Si d’aucuns souhaitent être informés du démarrage de l’écriture, envoyez-moi un ‘commentaire’ par ‘Wordpress’ et j’enverrai un mail pour le coup de départ.

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Berlin, Potsdam et la mobilité

L’état d’esprit essentiel pour apprécier les transports en communs est la sérénité nécessaire à la confrontation des horaires et des impondérables.

Cela étant dit, à notre grande satisfaction journalière, Potsdam et Berlin disposent d’un réseau de trains, trams, bus et métros dense, varié et fréquent. La familiarisation est rapide et l’usage en est commode.
Les gares sont propres, dénuées de graffitis et les pubs sont discrètes.
Plusieurs stations sont très belles. À la Klosterstraße, des faïences représentant des véhicules du temps passé décorent les murs. À la Sophie-Charlotte-Platz, ce sont d’impressionnants dessins d’un style BD qui remplacent les gamines folles des Galeries Lafayette à Paris. À la gare de la Wittenbergplatz, on doit admirer le bâtiment extérieur qui a été reconstruit comme il était à l’origine.

Les indications sont claires et sur chaque quai des panneaux électroniques indiquent la direction des trains attendus avec la durée d’attente.

Enfin, l’absence de barrières de pointage aux entrées et sorties des quai crée une agréable fluidité dans le trafic. Le contrôle est effectué par des agents en civil qui adorent leur métier et qui infligent avec le sourire, une amende de 40€ à toute personne qui ne peut produire un ticket de transport valable.

De Potsdam à Berlin et retour, il y a un train toutes les demi-heures et un métro S rapide toutes les dix minutes.
Dans Berlin on a le choix entre le métro S, le métro U, les bus et les tramways.
La fréquence des U est de 5 minutes, le S, les trams et les bus de 10 minutes.
Déjà après quelques jours, en tant que bons marins, nous naviguions dans la ville en utilisant l’un ou l’autre moyen mécanique selon les besoins de notre itinéraire.

Bien entendu la marche à pied est notre manière favorite de nous déplacer, c’est celle qui permet de découvrir le plus de choses imprévues tout en se rendant à la destination programmée.
Tant à Berlin qu’à Potsdam les trottoirs sont larges et à la fois à la disposition des piétons et des cyclistes. Le revêtement de sol est en deux parties, une bande un peu plus lisse est réservée aux vélos mais la co-voisinage dynamique est très fair-play et nous n’avons jamais vu d’altercations entre chaussures et pneus.

Notre séjour se termine et samedi prochain nous prenons le train de 14:00 à Potsdam pour rentrer au pays.

Demain je rédigerai ma dernière lettre.

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Des bleuets pour Louise et les chars soviétiques

La défaite de Iena en 1807 contraignit la Reine Louise de Prusse à fuir avec ses enfants. La rupture d’un axe du carrosse interrompit le voyage et la légende veut que pour distraire son fils Guillaume, Louise confectionna une couronne de bleuets.
Soixante et des années plus tard, le 19 juillet 1870, avant de partir en guerre, le Roi de Prusse Guillaume I s’agenouilla devant le sarcophage de sa mère et y posa une gerbe de bleuets.
Le 2 septembre 1870, Napoléon III fut vaincu et fait prisonnier à Sedan avec 100.000 soldats de son armée. Un an plus tard à Versailles, Guillaume I fut sacré Empereur d’Allemagne.

Ces deux événements sont commémorés par la ‘Siegessäule’, une colonne dressée au centre de la ‘Grosse Stern’ dans le ‘Tiergarten’.
La rotonde est ornée d’une mosaïque qui retrace l’histoire de l’unité allemande.
On y voit Guillaume I enfant, couronné de bleuets.

Nous aurions aussi bien voulu les voir ces bleuets, mais la colonne, son soubassement, et les mosaïques sont en réfection. L’ensemble du monument est barricadé, bardé d’échafaudages et entouré d’une toile peinte en trompe-l’œil qui représente ce que nous étions venu admirer.

Plus loin dans le Tiergarten, le long de la rue du 17 juin, ce trouve le deuxième important monument commémorant les 300.000 soldats soviétiques qui périrent pendant la conquête de Berlin en 1945. Un imposant piédestal en marbre supporte la grande statue en bronze d’un soldat. En contrebas trônent les deux premiers chars soviétiques T 34 à être entrés dans Berlin en avril 1945.

Le mémorial est en réfection et entouré de barricades qui en interdissent l’accès et la vue. Nous essayons d’y accéder par la sortie de secours pour pompiers, mais la grille est bouclée.

Il est ironique de constater que le nom de la rue réfère à l’insurrection populaire qui éclata à Berlin-Est et dans le reste de la République démocratique allemande, le 17 juin 1953.
Appelée en renfort par le gouvernement de l’Est, l’armée soviétique, chars à l’appui, tira et tua une cinquantaine de manifestants civils.

Malgré le soleil qui a refait son apparition pour la première fois depuis plus d’une semaine, il fait trop froid pour terminer la journée sur le pont arrière du Chat Lune.

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Six timbres pour une piscine et des colonnades sans buts

L’histoire veut que la ville de Einstätt construisit sa piscine municipale avec le fruit de la vente du ‘Einstättbrief’.
Cette lettre a été postée à Straubing en 1849 à l’attention du « Comité für die
Gewerbeausstellung » à Eichstätt. Elle est affranchie avec six timbres ‘Schwarzer Einzer’, le premier timbre poste imprimé en Bavière et reconnu être le premier timbre poste d’Allemagne.
La lettre fut trouvée en 1958 dans les archives de la ville et vendue au musée de la communication de Berlin pour une somme tenue discrète mais la légende dit qu’elle permit à la ville d’étendre son infrastructure sportive.

Nous avons payé les 3€ de droit d’entrée au ‘Museum für Kommunikation’ qui, avec son atrium, ses marbres et ses statues, ressemble plus à des bains romains qu’à un musée historico-technique du 21e siècle.
Les droits d’entrée aux musées et aux expositions à Berlin varie entre 3 € et 6 € et parfois nous avons même droit à la réduction attribuée aux vieux, aux nécessiteux et aux invalides. Ça nous change des prix Parisiens.

La collection s’étale sur quatre niveaux, accessibles par des larges escaliers en marbre blanc, soutenus par des colonnes en marbres rouge et parfois noir, agrémenté de statues en bronze et en albâtre, le tout est d’un plus bel effet. Si on fait abstraction des boîtes postales et autres objets postaux qui tapissent les murs, on voit au travers de la vapeur chaude, les romains faire leurs ablutions.

L’histoire de la poste est documentée de manière très didactique et de nombreuses écoles ont envoyé leurs classes de tout âge se documenter et s’amuser dans les larges couloirs.
Comme toujours actuellement, beaucoup d’ensembles sont interactifs et agrémentés de clips-vidéo et de dia-rama audio-visuels.
Dans l’atrium trois robots glissent sur le sol marbré, l’un poursuivant une grande balle en plastique et les deux autres répondent aux questions posées par les curieux.

Je suis émerveillé par une diligence postale jaune démontée qui pend au plafond du premier étage de l’immeuble.

Dans le ‘trésor’ installé au sous-sol, on peut voir parmi les objets exposés, la lettre ‘Einstätt’ et les deux timbres les plus célèbres du monde, le Mauritius bleu et le Mauritius rouge.

Nous prenons le M48 vers notre lunch à l’hôtel de ville et ensuite nous revenons sur nos pas pour voir deux séries de colonnades recommandées par Hachette.
Les ‘Spittel Kolonnaden’ dans la Leibnitzstraße ne servent à rien, ne représentent rien, ne commémorent rien et elles sont moches. Elle furent érigée au 18e siècle pour orner un pont. Détruites une première fois en 1929, une deuxième fois pendant la seconde guerre mondiale, elles furent chaque fois reconstruites, la dernière fois en 1979; des colonnades nostalgiques.
Les deuxième colonnades datent également du 18e siècle, elles décorèrent également un pont, elles furent également démantelées pour ensuite être incorporées dans une façade banale.

Avant de rejoindre le Chat Lune nous achetons une boule de Berlin qui ici s’appelle une ‘Pfannkuchen’.

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La machine à mesurer le chaos et le C-CUAD

Pour ses soixante ans, les étudiants du professeur Gerhard Ertl lui fabriquèrent une machine à mesurer le chaos. Les boutons de commande permettent de jouer avec plusieurs paramètres et lorsque le chaos est au maximum, une petite trappe s’ouvre, et l’opérateur peut s’offrir un gâteau.

Radio Berlin annonce 100% de pluie pour les six heures qui suivent mais on s’en moque car nous allons visiter le très beau musée ‘Martin Gropius Bau.’
La façade est en rénovation mais l’intérieur est spectaculaire. Dans la grande salle du
rez-de-chaussée l’artiste américain Marc Dion a dressé un mur de niches contenant une sélection d’objets intitulé ‘Selection from the Material Culture of Science’. On y voit exposé sur dix mètres de haut des vieilles radios, un poumon en acier, le squelette d’un cheval, un grand bi, des postes de télévision des années cinquante, des vases Etrusques et des centaines d’autres objets.
L’exposition temporaire est intitulée, ‘Welt Wissen, 300 Jahre in Berlin’.

Marleen et moi qui depuis très longtemps parcourons les musée du monde, observons que non seulement la connaissance a évolué, comme on peut le voir ici, mais également le mode d’exposition. On se rend compte que les conservateurs consacrent autant de soins à la présentation des sujets qu’aux sujets proprement dits. Par conséquent, à notre grande satisfaction et enrichissement personnel, nous consacrons à chaque visite infiniment plus de temps que par le passé.

Dans une des salles on peut admirer le ‘Ertlator’ un instrument de mesure insolite qui fut remis à Gerhard Ertl, le chimiste allemand de l’Institut Fritz-Haber, prix nobel de chimie 2007.

Je découvre aussi que le peintre symboliste suisse Arnold Böcklin était obsédé par l’idée que l’homme devait pouvoir voler comme un oiseau.
A trois reprises il construisit une machine volante qui furent chaque fois détruites avant le décollage, successivement par un orage de grêle, une tempête violente et imprévue et un coup de vent contraire qui reversa le dernier engin. Heureusement pour lui précise le texte explicatif, cela lui permit de vivre longtemps et de mourir de vieillesse.

Après la culture nous flânons dans les ‘Arkade’, le centre commercial de la Potsdamerplatz.
Chez Marco Polo, rebaptisé M’OP en Allemagne, j’essaie une paire de bottines en cuir qui me plaisent beaucoup. On bavarde longuement avec la dynamique, amusante et mignonne vendeuse, une étudiante à l’école d’architecture de Potsdam.
Malgré son charme, je décide de ne rien acheter et de verser l’argent dans la caisse CUAD.
Lorsque Marleen et moi aimons beaucoup un objet quelconque mais nous ne l’achetons pas, nous versons l’argent non-dépensé dans notre caisse fictive de ‘Crédit Utilisable À Discrétion’. Ainsi, le prochain objet convoité est automatique pré-financé.

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Le paternoster et l’ordinateur de Zuse

L’ingénieur allemand Konrad Zuse développa et construisit en 1938 le premier calculateur électrique au monde.
Sa grande réussite fut la création du premier ordinateur électro-mécanique programmable binaire à virgule flottante, le Z3. Le Technisches Museum a ouvert une exposition permanente consacrée au développement des calculateurs programmables et à Zuse en particulier.
Je suis toujours surpris de voir qu’il y a à peine un demi siècle, les dix metres cubes de fils, de lampes, d’interrupteurs et de rouages divers avait moins de puissance de calcul que n’importe quel calculette qui se vend pour 3 € chez Aldi.

Radio Berlin diffuse un jeu qui demande aux auditeurs de localiser un microphone ‘baladeur’. Hier, une oreille attentive identifia que l’objet se trouvait dans le paternoster de l’immeuble de la radio, la Haus des Rundfunks.
Internet aidant, une recherche rapide nous orienta ce matin vers ladite maison où, le hasard faisant bien les choses, avait lieu une journée porte ouverte et un ‘Kulturradio-Kinderkonzert’ pour les enfants Berlinois.
La Haus des Rundfunks est non seulement la plus vieille maison de la radio au monde, mais c’est aussi une merveille architecturale de l’Art Déco.
J’adore les vieilles mécaniques qui fonctionnent et le paternoster en est une de toute beauté. C’est un ascenseur continu qui présente une analogie avec l’objet religieux connu. Il se compose d’une chaîne de cabines ouvertes dans lesquelles les passagers montent ou descendent sans que les plateaux ne s’arrêtent. Une fois arrivée en haut de la chaîne, chaque cabine redescend jusqu’en bas pour reprendre son ascension, sans fin dans un mouvement assez lent.
Il a pratiquement disparu sauf dans certains pays de l’est où on les garde comme monuments historiques.

Malgré une pluie intermittente, les marathoniens usent les pavés. Le parcours couvre toute la ville et l’on retrouve partout des jeunes de tout âge affublés de revêtements en plastique vert signés Adidas. Pour traverser les rues il faut emprunter les passages souterrains du U-Bahn.

Après la maison de la radio, Marleen part au musée du Judaïsme et moi je vais voir Zuse.

De retour à bord, on branche le chauffage en regardant les gouttes tomber, les canards et les foulques semblent malheureux.

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Potsdam et ses Hinterhöfe

À Potsdam, les murs de la ville furent construits pour éviter que ne s’échappent les grenadiers du Roi. La plupart étaient enrôlés de force.

Avec les trente autres intéressés, nous suivons le guide du syndicat d’initiative sur le parcours qu’il inscrit en cercles concentriques, d’une rue à l’autre en passant par les cours intérieures.

Aujourd’hui, pas de train pour Berlin, car ce matin il ne pleut pas encore, mais ça va venir.

Le Roi Soldat Frédérique Guillaume I fit de Potsdam une ville garnison. Cela contribua à augmenter considérablement le nombre d’habitants et la cité grandit.
Son fils, Frédérique II, dit le Grand, en fit sa ville de résidence et on lui doit la configuration en carré, les rues pavées et les places publiques. Il voulut que l’aspect de Potsdam égale celle de son château Sanssouci et commandita son architecte préféré von Knobelsdorff, à y introduire les styles architecturaux en vogue dans les capitales de l’Europe du 18e siècle.
Les bourgeois et les nobles qui n’avaient pas les moyens de se payer un maison, s’en virent offrir une par l’empereur qui les avait fait construire et souhaitait les voir occupées.

Les espaces ouverts situés au centre des pâtés de maisons s’appellent les ‘Hinterhöfe’ ou ‘cours arrières’. Au 18e et au 19e siècle ces cours comprenaient les toilettes des maisons, des potagers, des usines et des ateliers divers.
Au fil du temps, les WC furent intégrés dans les habitations, les brasseries fermèrent leur porte et on commença à construire dans ces cours, des habitations accolées aux maisons en front de rue.

Potsdam ne fut pas épargnée par la deuxième guerre mondiale et ensuite, la DDR par son manque de moyens négligea l’entretien des habitations et des bâtiments publics.
Après la chute du mur, l’argent afflua vers Potsdam et la ville fut rapidement restaurée dans son ancienne gloire.
Les régles de rénovation ne sont pas draconiennes et certaines maisons illustrent l’histoire de leur construction en rénovant leur façade avec et sans le crépis sur la structure du colombage.
Les Hinterhöfe ne furent pas oubliés et la ville géra leur évolution d’un oeil bienveillant.
À l’intérieur des cours on peut voir des structures métalliques s’ériger en harmonie avec du colombage et des balcons en bois.

La visite se termine un peu après 13:00, le timing est excellent, il se met immédiatement à pleuvoir des cordes.

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Les plaies du passé et le marathon de Berlin

Dans les rues de Berlin, les plaies du passé apparaissent aux endroits les plus inattendus.
Ainsi ce matin, par cette belle journée d’automne, nous découvrons dans la Sigismundstraße accolé à l’arrière de la Gemäldegalerie, une façade criblée de balles avec l’inscription ‘Wunden der Errinerung’.

Derrière le coin, dans la Stauffenbergstraße se trouve le ‘Stiftung Gedenkstätte Deutscher Wiederstand’. Cet association a comme but de commémorer et de garder en mémoire les mouvements, les associations et individus qui lutèrent contre la dictature nazi entre 1933 et 1945.
Contre un mur, dans la cour intérieure de ce grand immeuble gris, une discrète plaque rappelle que von Stauffenberg et ses amis furent exécutés après l’attentat raté contre Hitler en juillet 1944. La ‘Stiftung’ comporte un musée et organise régulièrement des conférences dédiées aux ‘Stille Helden’.

Nous dégustons un excellent goulasch à l’hôtel de ville et en route vers la station de métro de la Klosterstraße, nous devons baisser la tête pour ne pas buter contre deux casques militaires transformés en pot de fleurs qui pendouillent d’une façade.
La plaque en cuivre explique que c’est ici que se trouvait de 1923 à 1933 le ‘Anti-Kriegsmuseum’ fondé par l’écrivain Ernst Friedrich. Les nazis mirent fin à l’initiative et Friedrich fut arrêté. Il réussit à fuir et il poursuivit son initiative jusqu’à sa mort en 1967.
Le mouvement existe toujours sous le nom de ‘International Network of Museums for Peace’.

Notre promenade nous conduit de la Potsdamerplatz le long du Landwehrkanal à travers le quartier des ambassades vers la Siegesäule.
L’Egypte a ‘pharaonisé’ un ours de Berlin et les Émirats Arabes Unis ont construit un palais des milles et une nuits.
Le Mitte est en effervescence car dimanche a lieu le 37e marathon de Berlin. En dehors des zones vertes, la traversée du Großer Tiergarten est un parcours à obstacle entre les barrières de protection, les tentes, les véhicules de sécurité et les voitures de pompiers.

Il se passe plein de choses ce weekend. Plus près de nous, ce soir et samedi soir, la Wansée organise son festival aquatique annuel avec la participation de centaines de yachts, voiliers et anciens bateaux à vapeur, le tout se clôture par de un feu d’artifice.

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Grunewald et les sangliers du cimetière

C’est en pénétrant dans Dahlem que nous apercevons l’indication ‘Wildschweine, bitte die Türe schliessen’.
Le fossoyeur nous corrige, le portillon doit être tenu fermé pour éviter que les sangliers n’entrent dans le cimetière, pas pour qu’ils ne s’en échappent.
La petite église gothique de Sainte-Anne se dresse à l’est d’un cimetière verdoyant, à l’orée du faubourg résidentiel de Dahlem.

Ce matin nous commençons notre promenade à la gare de Grunewald, tristement célèbre pour avoir été l’endroit d’embarquement des juifs de Berlin pour les camps d’extermination nazis. En témoignent un mémorial en béton, une plaque commémorative et quelques centaines de mètres de rails. Les quais sont constitués de lourdes plaques de fer ajourées, fabriquées à partir des wagons de transport des condamnés.

Nous traversons un des quartiers résidentiels les plus huppés de Berlin, où à la fin du 19e siècle, les fortunés du commerce et de la politique construisirent leurs somptueuses et énormes villas.
Aujourd’hui, elles sont occupées par des ambassades, des institutions universitaires ou transformées en immeubles à appartements. Bien conservées, les jardins sont bien entretenus et leurs extérieurs restent impressionnants.

Après les villas nous empruntons une piste forestière qui nous conduit au lac Grunewald.

Nous ne sommes pas seuls à apprécier cette belle journée d’automne, on se croit à Deurle un dimanche ensoleillé de fin de saison, après une semaine pluvieuse.
Étrangement, il y a plus de chiens que de flâneurs, de toutes les races, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, en laisse et en liberté. Plusieurs promeneurs de chiens professionnels escortent des meutes entières de toutous très disciplinés, on n’entend presque pas d’aboiements et les prises de connaissances sont courtoises.
« Comment vas-tu? Sentez mon cul. Je vais très bien, sentez le mien. »

Nous mangeons un morceau dehors sous les arbres, au ‘Chalet Suisse’ une petit restaurant situé près de la fin de notre itinéraire forestier.

À l’instar de Grunewald, le faubourg est résidentiel et très vert. Les larges boulevards bordés de grosses villas sont traversés par des sentiers fleuris, ponctués ça et là par des petits parcs.
C’est ici qu’est localisée la Freie Universität Berlin, crée en 1948 avec le soutien des Etats-Unis pour contrecarrer la doctrinaire Humboldt Universität du secteur soviétique.
Nous pénétrons plein d’admiration dans la grande sphère transparente qui abrite la bibliothèque philologique de l’université, construite en 2005 par l’architecte anglais Norman Foster. Elle a la forme d’un cerveau, que c’est beau l’architecture contemporaine bien pensée.

La journée se termine sur le pont arrière du Chat Lune avec un livre et une tasse de café.

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Simone Signoret et la ‘Schornsteinfegerakademie’

La brochure prétend que le personnage de l’inspecteur Columbo est inspiré du commissaire que Charles Vanel incarne dans les Diaboliques.
Pour commémorer les vingt-cinq ans de la mort de Simone Signoret, née à Wiesbaden, Simone Kaminker, le musée du cinéma de Potsdam présenta hier soir en version originale, les ‘Diaboliques’, film culte tourné par H.C. Clouzot en 1954.
Un peu comme au théâtre, les acteurs ‘jouent’ leur rôle et le déroulement de l’histoire est montré en détail, ce qui rend le film assez lent.
Mais c’est une oeuvre forte, nous restons passionnés jusqu’à la dernière image et à l’instar de certains Hitchcock, elle se termine sur un point d’interrogation.

Ce matin, le temps d’un repas au restaurant pour fêter l’anniversaire de leur voisin, Hannelore nous confie la surveillance du port, nous voila promus capitaines adjoints de la marina de Potsdam.
Le soleil brille et il fait chaud, nous prenons le lunch sur le pont du bateau.

Il y a deux mois, peu après notre arrivée ici nous avions tourné autour du ‘Schloß Ceciliënhof’, aujourd’hui nous partons voir l’intérieur.
Il ressemble à un manoir rural anglais, c’est le dernier château construit par les Hohenzollern. Le ‘Kronprinz Frederick-Willem qui abdiqua en 1918 et son épouse Cecilie y habitèrent jusqu’en février 1945.

L’endroit est surtout connu pour avoir été le siège de la conférence de Potsdam du 17 juillet au 2 août 1945.
Ces dates sont importantes car j’ai été frappé par la chronologie historique suivante.
– Le 16 juillet 45 les Etats-Unis firent exploser la première bombe nucléaire à Alamogordo dans un désert du nouveau Mexique. Cela renforça considérablement la position de Truman à la table des pourparlers.
– Le 26 juillet, à la fin des négociations, les Alliés envoyèrent un ultimatum à l’empire Japonais exigeant sa reddition sous peine de représailles sévères.
– Le 29 juillet le Japon refusa de déposer les armes.
– Le 2 août la convention de Potsdam fut signée.
– Le 6 août 1945 une première bombe nucléaire fut jetée sur Hiroshima et le 9 août, la seconde sur Nagasaki.

Un audio-guide nous conduit tout d’abord dans la grande salle de la conférence de Potsdam et dans les salons privés de chaque partie.
Comme je l’ai écris dans un précédant blog, Churchill, Truman et Staline logeaient dans des villas situés de l’autre côté du ‘Glienicke See’. Ils étaient véhiculés en bateau de leur logis au Schloß Ceciliënhof.

Ensuite, une guide érudite nous montre et commente les appartements princiers, situés au premier étage du château.
La princesse qui a donné son nom au château aimait beaucoup la mer et les bateaux, on est pas seuls.
Sa chambre préférée est entièrement décorée dans le style ‘paquebot’.
Le vocable ‘château’ donne une idée fausse de cette grande villa confortable et agréable à vivre. Elle compte près de 200 chambres et les toitures sont ornées de 55 cheminées d’où le sobriquet de ‘Schornsteinfegerakademie’.
Aujourd’hui, une vingtaine de pièces appartiennent au patrimoine historique de la ville et les autres font partie de l’hôtel ‘Schloß Celiliënhof’.

La proximité perceptible des évènements historiques nous impressionne fortement.

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Les toilettes du Ritz et les pantoufles de Léo

Ce matin nous avons décidé de visiter l’extérieur des musées. C’est à dire la partie qui va de la rue aux points de passage vers les salles d’expositions.
Dans les musées modernes et dans ceux qui ont été reconstruits après la guerre, cela inclut un spectaculaire hall d’entrée, les toilettes et le ‘shop’.
Dans le Deutsches Historisches Museum que nous avons parcouru hier, les toilettes sont en marbre rose, les portes en verre fumé, les poignées et la robinetterie en acier poli,
l’ensemble ne dépareillerait pas dans un Ritz Carlton. L’architecte d’intérieur du restaurant du même musée s’est inspiré d’un night-club des Champs Elysées et les toilettes baignent dans des couleurs qui vont du bleu foncé au mauve foncé avec des accents noirs, ‘very cool.’
Dans la Neue Nationalgalerie les sols sont en marbre poli et les consignes à jetons des vestiaires sont en bois de cerisier. À chaque extrémité d’un monobloc, se trouve une niche exposant une petite sculpture.
Le magasin du même musée est une succursale de la librairie ‘Bücherbogen am Savignyplatz’. Nous approuvons le caissier qui souligne fièrement qu’elle figure dans la liste des plus belles librairies du monde.
Le bus M48 nous conduit vers la Alexanderplatz d’où nous prenons un U2 vers Jünemann Pantoffeleck pour acheter un paire de pantoufles pour Léo.
Nous remarquons que sans le vouloir, lorsqu’on se balade dans le ‘Mitte’ on finit souvent pas loin de la Alexanderplatz. Cela nous arrange bien car nous aimons les lunchs de la cantine de l’hôtel de ville. Les deux caissiers nous reconnaissent déjà et bientôt on ne paiera plus le supplément de 0,50 € par repas qu’ils comptent aux clients qui ne sont pas des employés de la municipalité.
Dans la Spandauerstarße pas loin du Häckescher Markt, un promoteur expose ses projets de rénovation. Les photos ci-jointes illustrent brutalement le avant et après DDR. Cette première journée de l’automne est douce et ensoleillée, nous passons la fin de l’après-midi sur le pont arrière du Chat Lune.

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De Arminius à Helmuth Kohl

Le 3 octobre les Potsdamois doivent retourner aux urnes. En effet, au scrutin de hier le bourgmestre (SPD) actuel Jann Jacobs n’a obtenu que 41,7 % des suffrages contre 33,1 % pour son rival Hans-Jürgen Scharfenberg (Linke). Le titulaire est un solide Ost-Friese, son challenger un ancien sympathisant Stasi, ce qui ne semble pas gêner son électorat. La ville est prospère et cossue et elle comporte 153.000 habitants. Depuis la chute du mur elle a attiré de nombreux bourgeois aisés et son économie est telle que chaque jour 16.000 personnes de plus y viennent par rapport à ceux qui travaillent à l’extérieur. On s’attendrait à une droite confortable plutôt qu’à une majorité de gauche mais quelque chose m’échappe. Je comprend tout aussi peu la politique locale que celle de notre Clochemerle national.

Peu nous importe et comme tous les jours, nous reprenons le train pour la capitale, la culture nous attend.
À la sortie de la gare de Friederichstraße nous découvrons une statue à double face avec d’un côté des enfants juifs condamnés et de l’autre, moins nombreux, ceux qui échappent au massacre.

Dès que nous franchissons la porte de l’imposant immeuble baroque qui abrite le Deutsches Historische Museum, on reconnait la griffe de l’incontournable Ieoh Ming Pei qui a participé à la rénovation récente du bâtiment. La cour intérieure est recouverte d’une verrière et l’annexe moderne est construite en pierre de France, tel qu’on la voit au Louvre.

Ce musée est une fois de plus un incontournable de la visite de Berlin.
Au bas de l’escalier qui mène aux salles du premier étage, un gardien bien informé nous explique le circuit à suivre ainsi que les astuces de la configuration du parcours.
L’histoire du pays est décomposé en dix tranches, au départ de la conquête des Romains à la réunification pour se terminer le jour où Berlin redevint la capitale de l’Allemagne.
Chaque section a une couleur spécifique et le trajet est ponctué de colonnes carrées sur lesquelles ont peu lire l’évolution de l’histoire. Chaque époque est illustrée par de nombreux objets et de très belles toiles. Cette combinaison fait toute la richesse et l’intérêt du parcours.

Dans la nouvelle annexe le musée offre deux expositions temporaires. Une consacrée aux châteaux forts et aux chevaliers du moyen âge et une autre à la réunification. Cette deuxième temporaire enchaîne là où l’exposition de l’Alexanderplatz se termine.

Nous y passons la journée.

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Le moustique, le formol et les puces

Je finis de manger mon muesli lorsque ‘Radio Berlin 88,8’ annonce que le musée d’histoire naturelle de Berlin ouvre deux nouvelles salles ce weekend et que l’entrée est libre. Il ne nous en faut pas plus pour nous y précipiter.

Avant toute chose, le rapport mitigé que j’avais fait du ‘Museum für Naturkunde Berlin’ lors notre première visite doit être corrigée. C’est un beau et très grand musée qui mérite d’être mis sur la liste des endroits à voir à Berlin.
Cette année, il fête ses 200 années d’existence et à cette occasion il ouvre aujourd’hui une salle moderne qui contient le tiers des plus d’un million d’animaux conservés dans de l’alcool éthylique qu’il possède.

Quinze chercheurs et étudiants ont travaillé pendant un an pour réaliser une merveilleuse présentation dans un haute salle tout en verre et en métal. Des milliers de bocaux de toute dimensions, remplis d’animaux dont la couleur alterne entre le beige clair et l’ambre foncé, sont entreposés sur des étagères transparentes. Dans un silence quasi religieux, nous en faisons lentement le tour avec les autres spectateurs qui sont tout aussi émerveillés que nous.

Autre surprise, dans une salle voisine nous découvrons une dizaine de maquettes au 1/100 d’insectes familiers réalisés dans les années 30 par Alfred Keller, un orfèvre de profession, commandité par le conservateur du musée. Le moustique et la puce sont en plâtre recouvert de papier mâché avec des ailes en celluloïd mais leur réalisme pourrait inspirer Ridley Scott et ses adeptes.

Notre deuxième objectif aujourd’hui nous dirige vers les puces de la Bernauerstraße suivi par celles de la Arcadeplatz.
Le soleil a inspiré une foule dense à se faufiler entre les centaines d’échoppes des professionnels et quelques privés, réunis pour la cause sur un terrain tout en longueur qui jouxte le Mauerpark. Les premiers appliquent des prix élevés et les second font la même chose par osmose.

Le deuxième marché est plus convivial, ici les vendeurs sont en majorité des privés. Ça fait ‘vide-grenier’ de bon niveau et l’on voit même des mères de famille et des jeunes qui liquident leurs jouets à des conditions que Marleen ne marchande pas, c’est tout dire.

De retour à Potsdam, nous passons une agréable fin d’après-midi au soleil sur le pont du Chat Lune.

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Les bouleaux entre les rails et Marlène Dietrich

La gare de rangement de Tempelhof est tombée en désuétude par la séparation des deux Allemagnes. De ce qui fut une imbrication de rails, de gravillons couverts de poussière de charbon et de locomotives fumantes, la végétation pris le dessus et les bouleaux se mirent à pousser entre les aiguillages.

En 2000 la ville accepta de bonne grâce la conversion que la nature avait opérée et ainsi naquit le « Schöneberger Südgelände Naturpark », un oasis naturel au coeur de la ville. Les sentiers sur lesquels les promeneurs sont tenus à rester ont été crées en utilisant des rails comme supports latéraux pour des caillebotis en acier galvanisé. Ici et la on aperçoit dans les sous-bois des vestiges de poteaux de signalisation ou de bouches de remplissage d’eau pour les locomotives à charbon.
Un élégant réservoir d’eau en fer rouillé et une gare de rangement marquent l’entrée du domaine.
Des objets d’art placés ça et là le long du parcours, ponctuent le caractère récréatif de l’ensemble. Malgré notre fascination pour leur écriture, nous regrettons qu’ici aussi les tagueurs Berlinois aient fait leur griffes sur les vestiges ferroviaires.

Une promenade automnale de quelques kilomètres à travers le parc nous conduit à la station Südkopf d’où nous apercevons le gazomètre de la ‘Rote Insel’. Comme son nom l’indique, ce quartier de la ville est réputé pour avoir été un berceau révolutionnaire.

Marlène Dietrich y est née et elle est enterrée à deux stations de métro de là dans le cimetière municipal de la Stubenrauchstraße, aussi appelé le cimetière des artistes.
Nous allons nous recueillir sur sa tombe et nous découvrons avec plaisir le beau quartier Tempelhof-Schöneberg avec ses allées ombragées bordées de riches immeubles d’habitation. Marlène a comme voisin le photographe Helmut Newton.

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