11 Maserati, 7 Jaguar et la Sainte Vierge

Il y en a au moins onze, des Maserati presque toutes noires, sauf une quattroporte bordeau foncé avec un intérieur en cuir beige, ‘que bella!’
Il y a aussi une Jaguar XK 120, une type E 3,8 l et une 4,2 l, des Mercedes 300 à portes papillon, des Aston Martin, des Rolls et des Bentley et bien entendu des Ferrari de toutes les variétés et couleurs possibles mais je ne suis pas Jeremy Clarkson pour leur donner un attribut.

Mon frère Jacques qui collectionne des autos avait exercé une pression morale sur Marleen et moi, pour qu’une fois n’est pas coutume, nous troquions les couloirs des musées pour le dallage du ‘Forum für Fahrkultur’.
Dans un ancien dépôt de trams de la Wiesenstraße 36, pas loin du Westhafen se trouve le ‘Meilenwerk’ de Berlin. Sous les toits et les murs restaurés avec goût, sont réunis des showrooms de vente, des ateliers de réparation spécialisés dans la restauration de voitures de collection, des magasins d’outillages et pièces détachées, des boxes de conservation, des restaurants, des surfaces à louer pour des évènements et de nombreux services relatifs aux vieilles voitures.
Bref, un paradis pour les amateurs de la chose.

Toutes les voitures exposées sont bichonnées et nous y retrouvons avec plaisir une Jaguar 3,4 l comme celle avec laquelle Marleen paradait dans les années ’70 et une Mercedes 190 SL bleue pâle comme celle du père de mon ami Léon, avec laquelle une dizaine d’années plus tôt, il draguait les minettes de notre ville de Gand.

L’endroit est agréable et nous parcourons les salles de vente et les garages sans que personne ne nous demande un droit de passage ni ne s’inquiète de notre présence. Les quelques mécaniciens et vendeurs que nous croisons, nous disent gentiment bonjour.

Sur le chemin du retour nous traversons le centre Sony de la Potsdamer Platz. C’est un vaste espace ouvert, encerclé de constructions de verre et d’acier et surmonté d’un spectaculaire dôme similaire à celui du Reichstag.
Ce centre fait partie intégrante des arcades commerciales de la Potsdamer Platz et l’on y retrouve, avec Sony, les ineffables marques de produits internationaux, exposés avec beaucoup de décorum.

En contraste frappant, à cent mètres de là, au 75 de la Potzdamer Straße, se trouve ‘Ave Maria’, un magasins un peu vieillot d’objets de dévotion essentiellement catholique encore que dans leur bibliothèque se trouve un exemplaire du Coran et que sur une étagère trône un Bouddha bedonnant.

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Bärbel Bohley et le cimetière des Invalides

Berlin pleure Bärbel Bohley. Un livre de condoléances lui a été ouvert dans l’exposition que la ville organise sur l’Alexanderplatz pour commémorer les vingt ans de la « Wende ».
Sur plus de 300 m de panneaux, cette rétrospective illustre à l’aide d’archives, de photo’s et de films l’histoire de la révolution pacifique, le mouvement qui conduit à la chute du mur et un an plus tard à la réunification de l’Allemagne.
Bärbel Bohley fut très active dans les mouvements pacifiques au sein de la DDR. Elle fut un des membres fondateurs du Nouveau Forum, le parti politique crée en septembre 1989 qui précipita la chute du régime.

La présentation se lit comme une grande BD et nous passons une bonne partie de la matinée à nous remettre en mémoire cet évènement historique dont nous ne mesurions pas suffisamment l’importance lorsqu’il eut lieu. Était-ce le manque d’informations disponibles il y a vingt ans, ou était-ce plus simplement notre manque d’intérêt, nous qui étions bien au chaud et loin de ce drame?

Il est fascinant de constater que les mouvements de protestation commencèrent vers le début des années 70, qu’ils s’amplifièrent lentement malgré la répression de plus en plus dure du régime dictatorial en place. Répression soutenue activement par l’URSS et à mon sentiment, largement ignoré par l’Ouest, à l’exception des Allemands de l’Ouest qui avaient de la famille de « l’autre côté ».
L’église et les mouvements pacifistes comme celui crée et soutenu par Bärbel Bohley et ses amis, ont réussi à maintenir la pression sur les gouvernants et les adeptes du système, et ce jusqu’au point de rupture, le 9 novembre 1989.

Après le lunch dans notre cantine de l’hôtel de ville, question de rester dans le même état d’esprit, nous parcourons le cimetière des invalides qui est situé le long de la Spree.
En 1961 il fut coupé en deux par le mur et les tombes dans l’alignement de la ‘Totesstreife’ furent rasées à l’exception de celles qui ne gênaient pas la ligne de tir des miradors.
Comme son nom l’indique c’est un endroit où reposent de nombreux militaires comme en témoignent les innombrables symboles de casques, glaives brandis, fusils et aigles aux griffes acérées.

Après cette belle journée ensoleillée nous retrouvons avec plaisir de calme de la Neustädter Bucht et le doux bercement du Chat Lune.

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Des ours et des pantoufles

De la fenêtre du train qui nous conduit de Potsdam à Berlin on aperçoit les animaux du Tiergarten, l’envie d’y faire un tour me caressa l’esprit.
Cette idée s’envole vite à la vue des deux malheureux ours névrosés qui tournent en rond dans l’enclos ‘historique’ du jardin du Märkisches Museum.
Ils sont tristes les symboles vivants de la ville de Berlin.

Au début du siècle dernier, l’architecte de la ville Ludwig Hoffmann fit construire un musée destiné à réunir les témoignages de l’histoire de Berlin et du Brandebourg, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.
Pour illustrer les styles architecturaux de la région, il les combina tous dans une composition qui va de la brique rouge gothique au néoclassique et à la Renaissance, ce qui confère à l’ensemble un curieux côté de monastère médiéval.

Nous bavardons un long moment avec la gardienne d’une belle salle consacrée aux Zünfte, les Guildes des corporations manuelles.
Les membres se réunissaient autour d’un coffre-fort en bois sculpté – Zunfttruhen – qui renfermaient les objets important de leur ordre. Pour que les décisions prises pendant les séances soient valables, les coffres devaient rester ouverts pendant les discussions, cela explique qu’ils sont plus richement décorés à l’intérieur qu’à l’extérieur, nous explique la dame de la salle.

Dans une autre pièce nous regardons scrupuleusement toutes les photos en relief de la visionneuse « Kaiser-Panorama ». Patenté en 1890 par A.Fuhrmann, la machine comporte 25 stations et 50 images stéréo. Je suis toujours étonné de voir la recherche avec laquelle s’habillaient nos parents du début du siècle dernier comparé à la négligence vestimentaire de nos jours.

Avant de reprendre le train pour Potsdam, nous poussons la porte de Jünemann’s Pantoffeleck, la plus vieille manufacture de pantoufles de Berlin. Depuis 1908 quatre générations de la même famille fabrique des charentaises, rien que des charentaises.
Les intéressés peuvent consulter le lien suivant: http://www.pantoffeleck.de

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La pluie et les graffitis

Ce matin à 09:00, Radio Berlin annonce que la probabilité de pluie pour les six heures qui suivent est de 95%. À 13:00 nous entendons la même annonce. Marleen part acheter des champignons à la supérette locale et elle en revient trempée.
Je profite des intempéries défavorables pour remplacer un des joints de la pompe électrique du WC qui suinte depuis quelques jours. J’y passe la matinée car comme souvent sur un bateau, cette pompe est miniaturisée et en plus conçue avec l’idée ou l’espoir qu’elle ne devra jamais être démontée. Deux heures plus tard, l’opération est terminée, le patient est encore en vie et il est guéri.

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que Berlin est le paradis des tagueurs. Il y a plein de théories qui expliquent le pourquoi de la chose, la frustration politique de la séparation des deux Allemagnes en est une qui me paraît plausible.

Il est clair que lorsque votre gentilhommière fait l’objet d’un malveillant manipulateur de bonbonne, vous sortez votre arquebuse pour l’envoyer repeindre la grille de Saint-Pierre.
N’empêche que comme ce n’est pas notre ville, ni notre façade, nous, on trouve ça beau et Marleen a une belle collection de photos dont je vous livre quelques exemples.

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L’accordeur et le fort de l’empereur

Nous n’écouterons plus jamais de la même manière un concert de piano. Le film ‘Pianomania’ que nous avons vu hier soir au musée de cinéma de Potsdam nous a révélé les exigences insoupçonnées des solistes et les prouesses de l’accordeur pour y faire face.
Le sous-titre résume, de l’amour, du perfectionnisme et d’un brin de folie.
C’est un documentaire hautement recommandable qui se savoure comme un film d’aventure.

Le général Belge H.A. Brialmont dont je n’avais jamais entendu parler, est à l’origine d’un modèle réduit à échelle 1:10, construit en 1893 dans le parc du château Sanssouci.
Les milieux bien informés considèrent Brialmont comme le Vauban Belge du XIX siècle.
Son modèle est la première tentative d’étude de fortifications capables de résister à l’assaut des chars blindés dont les militaires et Guillaume II, commençaient à rêver à cette époque. Pour mieux comprendre ce que leurs canons devaient pouvoir détruire, la firme Krupp en finança la construction.

Le bus 606 nous conduit à la Drachenhaus Tor au nord du parc Sanssouci et nous parcourons les 120 m qui, carte à l’appui, nous sépare de l’endroit recherché.
Cinq cent mètres plus loin, nous faisons demi-tour. Malgré mon brevet d’orientation scouts, je ne vois rien qui ressemble à des fortifications, même en modèle réduit.
Le mystère s’éclaircit à la lecture du panneau touristique qui explique que pour des raisons de sécurité, le tout fut enterré et recouvert de verdure en 2004.
Marleen et moi arrivons à la conclusion que le parc est probablement peuplé de nains qui rêvent de refaire la guerre de 14-18, un danger à éviter pour les touristes qui se promènent dans le parc.

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Les Classiques et le poisson-chat

L’entière pinacothèque de Berlin, moins les 400 toiles détruites par les bombardements, a été réunie après la chute du mur, dans la nouvelle Gemälde Galerie, située pas loin de la Potsdamer Platz. Marleen part y retrouver les grands maîtres de la peinture classique, je reste à bord pour effectuer quelques travaux d’entretien.

Pour vivre heureux sur un bateau de 35 m2 de surface habitable, il y a deux règles à respecter impérativement: l’ordre et la propreté.
Règle numéro 1: Chaque objet a sa place et immédiatement après son usage, on le remet à l’endroit où il était.
Règle numéro 2: Avant qu’on ne voie la saleté, on nettoie et quand c’est cassé, on répare.
Après six années de navigation intensive, je peux affirmer que ça marche.

Le temps est toujours au beau fixe et les travaux terminés, je prend un douche sur le ponton et je pars à Griebnitz voir le musée de la S-Bahn qui est accessible au public à l’occasion des journées portes ouvertes de ce week-end. Je reviens vite.

Marleen est enchantée de sa journée à Berlin, les toiles sont exposée dans un bâtiment de conception moderne, l’éclairage naturel leur rend toute leur beauté.
Elle découvre un Vermeer qu’elle ne connaissait pas.

Le musée d’histoire naturelle de Potsdam se trouve en face du port de plaisance.
Ne négligeant pas les petits profits, en fin d’après-midi, nous tirons avantage de la journée porte ouverte pour y jeter un coup d’oeil. Nous complimentons la réceptionniste en lui affirmant qu’il est plus beau que celui de Berlin. En effet, nous avons l’agréable surprise de découvrir sur 3 niveaux une exposition d’oiseaux et de mammifères naturalisés riche et bien présentée. Le sous-sol révèle une dizaine aquariums dont un contient un poisson-chat de près de deux mètres de long qui, pauvre bête, trouve peine à se tourner dans son bocal.

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Spandau et les mécontents

Aux Olympiades de 1936, dans le stade près de Spandau, le noir Américain Jesse Owens courut plus vite que les Ariens, Hitler n’était pas content.
Le projet de la cité radieuse de Berlin prévu près de Spandau fut dénaturé et Le Corbusier n’était pas content.
En pleine deuxième guerre mondiale, le dauphin d’Hitler Rudolf Hess, pris l’avion pour l’Ecosse et il essaya derrière le dos de son chef, de négocier la fin des hostilités.
Les Alliés ne le crurent pas, il fut emprisonné et au procès de Nuremberg, on le condamna à passer le reste de ses jours dans la forteresse de Spandau. Il n’était pas content et il se pendit dans sa cellule en 1987.
Aujourd’hui le temps est comme il aurait du être si le mois de septembre avait été un mois normal, beau et chaud, nous visitons Spandau et les environs.
Le stade Olympique fut rénové en 2004 mais l’extérieur garde l’aspect que Werner March lui avait donné en 1936. L’architecte a réalisé un ensemble impressionnant, sobre et harmonieux. La photo ci-dessous montre Hitler et Hess lors de l’ouverture des jeux olympique de 1936.
Situé dans un grand parc ombragé, l’immeuble du Corbusier est propre et bien entretenu. L’extérieur des duplex est peint de couleurs vives, ce qui fit râler l’architecte qui prônait l’utilisation du béton brut.
Plus tard en ville, en attendant que la Nikolaï Kirche re-ouvre sa portes aux touristes, nous prenons un lunch sur une terrasse de la Carl Schurz Straße. Nous avons constaté que plusieurs églises organisent à midi, tous les jours de la semaine sauf le dimanche, un bref service de dix minutes à un quart d’heure. Un moment de méditation, un court sermon, le tout sur fond d’orgue. Comme dit Marleen, c’est du bon marketing, dans un bel endroit à la mi-journée, on se détend les jambes, on écoute une histoire et on savoure un brin de musique.
La Citadelle est occupée par des figurants habillés en manants moyenâgeux chaussés de baskets. L’occupant aujourd’hui est une ‘Burgfest’ avec un marché historique, des cracheurs de feu et autres spectacles historiques, on passe et on rentre à Potsdam.

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Walt Disney, Herrn Zöller et les vieilles motos

On pénètre dans la salle de bal du ‘Château de la Belle au Bois Dormant’ lorsqu’on franchit la porte du palais de justice de Berlin. Le péristyle est flanqué de deux escaliers monumentaux qui mènent à quatre étages balconnés, les colonnes sont peintes en couleur pastel et le tout est en Art Nouveau revu par Walt Disney. Marleen et moi pensons la même chose, ‘notre journée est réussie, rien que ce spectacle valait la peine de prendre le train ce matin.’
Notre itinéraire nous conduit ensuite au travers du Nikolaï Viertel, le quartier médiéval qui ceinture l’église Nikolaï. C’est le plus vieux quartier de Berlin dont les maisons, au grand dam des puristes, furent reconstruites après la guerre sans respecter leur emplacement original. Les touristes s’en moquent et nous aussi.
Au coin à droite en face de la Nikolaï Kirche se trouve le magasin ‘d’horloges exclusives’ tenu par Herrn Frank Zöller. Il est sympa et curieux et nous expliquons que nous venons d’Auxerre, j’écris le nom de la ville pour qu’il comprenne. Nous avons droit à la visite guidée de son magasin qui contient de très belles horloges fabriquées par Erwin Sattler à Münich. Le style est pur et dépouillé, les prix ne le sont pas.
Après notre traditionnel lunch dans la cantine de l’hôtel de ville, nous terminons notre parcours de reconnaissance d’aujourd’hui par la visite du musée des motos fabriquée en DDR.
La plus belle est un scooter qui tracte une remorque camping, dommage qu’à l’époque elle ne pouvait pas franchir le mur.

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La pluie, le Mall et l’ancienne gare

Comme hier, nous entrons dans la Marienkirche et nous en sortons aussi vite, poursuivis par un bé-mol strident continu de l’accordeur d’orgue. À l’extérieur, Martin Luther avec sa grande bible dans les bras, garde son sérieux.
Aujourd’hui il tombe une de ces pluies qui mouille, et après la tentative de la visite d’église et un lunch bien Allemand dans le sous-sol de l’hôtel de ville, nous cherchons refuge dans un autre lieu sacré, un des grands temples de la consommation. Le centre commercial Alexa, qui selon les brochures « développe près de 55 000 m2 répartis entre un pôle commercial de 45 000 m2 et un pôle loisirs/restauration de 10 000 m2 » ressemble comme deux gouttes d’eau, c’est approprié aujourd’hui, à ses homologues américains. On y retrouve bien entendu, mondialisation oblige, toutes les marques qui sévissent également chez nous, agrémentées d’un certain nombre de boutiques de nippes typiquement allemandes.
‘Trois petite tours et puis s’en vont’ vers la plus ancienne gare de Berlin, aujourd’hui le musée d’art moderne ‘Hamburger Bahnhof.’
En touristes avertis nous savons que tous les jeudi de la semaine, certains musées Berlinois offrent l’entrée gratuite à partir de quatre heures avant leur fermeture, c’est le cas ici. Heureusement, trouve Marleen, car cela nous aurait fait de la peine de payer pour voir une dizaine de tableau de Andy Warhol que nous avions déjà vus et trois salles remplies de concepts de la main de Joseph Buys, que nous n’aimons pas.
Malgré tout, comme souvent, nous retrouvons Anselm Kiefer, un artiste Allemand qui vit en France et dont les oeuvres exposées nous plaisent bien.

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Un Eisbein, Neptune et le Reichstag

Ce midi, les végétariens progressistes que nous sommes avons dégusté avec beaucoup d’appétit, un Eisbein avec de la choucroute et des pommes vapeur dans la cantine de la Rotes Rathaus, l’hôtel de ville de Berlin. Le plat coûtait 4,30€ et boissons comprises, nous avons déboursé 10,20€.
Construit en briques rouges vif, c’est un bâtiment que l’on voit de loin car il tranche agréablement avec les constructions environnantes. Ouvert au public, nous y découvrons dans la salle aux colonnades, une expositions de sculptures en plâtre dont celle des belles princesses Luise et Friederike de Prusse. Le moulage en plâtre est une vielle tradition Prussienne et Berlinoise.
Dans la perspective de l’hôtel de ville se trouve la fontaine de Neptune. C’est mieux qu’une BD, nous en faisons quatre fois le tour pour admirer le Dieu de la mer, les hommes poisson, ses admiratrices dénudées et ses animaux aquatiques préférés.
Les travaux de la ligne de métro 5 forcent Marx et Engels à aller se poser ailleurs. Dix-sept journalistes et photographes attendent impassiblement que la grue déplace les statues, ça va faire cher l’article et la photo.
Deux heures, trois églises, trois dômes et un expresso dans le sous-sol des galeries Lafayette plus tard, nous franchissons la Brandenburger Tor au bout de ‘Unter Den Linden.’
En observant les 1653 personnes qui faisaient le queue pendant des heures pour entrer au Reichstag, Marleen avait appris par la bouche d’un Berlinois bienveillant, qu’on pouvait réserver une visite guidée gratuite par mail, ce que je fis.
Deux jours après ma requête, Carolin Ripprich du Besucherdienst du Bundestag nous invita à joindre un groupe anglophone ce mercredi à 15:30; « prière de vous présenter 15 minutes avant le début du tour à l’entrée latérale nord du bâtiment. »
Je laisse comme d’habitude mon canif entre les mains des agents de la sécurité – prière de venir le récupérer après la visite – et nous joignons la guide Katie et deux couples d’américains qui avaient eu la même idée que nous.
En 1995 nous avions vu le Reichstag emballé dans du tissus bleu pâle par Christo. Peu après, les rénovations avaient transformés entièrement l’intérieur pour le rendre opérationnel comme parlement moderne.
J’adore ce genre de visite privée, on prend son temps, les contacts se personnalisent et ça fait du bien de se sentir chouchoutés.
Nous apprenons que les votes se font à la main levée et qu’en cas de doute, tous les députés quittent la salle d’audience pour y pénétrer à nouveau par une des trois portes de vote prévues à cet effet, ‘oui’, ‘non’ et ‘abstention’.
Nous apprenons aussi que pour éviter la logorrhée, le temps de parole des députés est déterminé préalablement et varie en fonction des rapport de force entre groupes parlementaires. Le président de la séance veille à son respect et il peut le cas échéant couper le micro.
Notre visite se termine par l’ascension d’une rampe hélicoïdale dans la coupole high-tech qui coiffe le bâtiment et la salle des audiences. Ce dôme en verre est un des éléments majeurs de l’écosystème du bâtiment. Un entonnoir central couvert de miroirs orientables capte la lumière extérieure et la dirige vers l’auditorium.
Je déteste le façadisme mais j’avoue que nous sommes impressionnés par la prouesse de l’architecte Anglais Norman Foster qui a réussi la remarquable intégration des anciens murs extérieurs avec un intérieur moderne, harmonieux et efficient.

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70.000 morts

Du 16 avril au 2 mai 1945, vingt deux mille soldats soviétiques, vingt mille soldats allemands et plus de trente mille civils perdirent la vie dans la bataille de Berlin. Le 8 mai, la reddition de la Wehrmacht marqua la fin de la deuxième guerre mondiale.
On prête à Stalin d’avoir remarqué que si un mort est une tragédie, mille morts est une ligne dans une statistique.

Les innombrables témoignages auxquels nous avons été confrontés depuis que nous parcourons les rues de Berlin nous font parfois oublier que c’est l’Armée Rouge qui a conquis Berlin. L’imposant mémorial où reposent 7000 soldats soviétiques dans le Treptower Park, nous rafraîchit la mémoire.
La statue de la mère qui pleure, les soldats agenouillés et le guerrier, enfant sur le bras et le glaive qui fend une croix gammée au sommet du mausolée, invitent au silence et à la réflexion.

Pendant que j’écris ces mots, Radio Berlin 88.8 transmet la chanson de Bob Dylan, ‘how many times must a canonball fly…’
À Berlin la guerre reste omniprésente, Marleen remarque que pour les Berlinois elle a probablement duré jusqu’en novembre 1989.

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Arminius et Arnold

Caius Julius Arminius, est un chef de guerre de la tribu germanique des Chérusques qui combattit Jules César. C’est aussi une marque réputée d’armes à poing, enfin c’est le nom d’un marché couvert situé dans le quartier Moabit de Berlin, qui ne figure dans aucun guide, j’imagine par manque d’intérêt.
L’extérieur est en briques rouges décorées d’une frise jaune avec des figurines, des feuilles et des fleurs. L’intérieur est en démolition, le bruit des marteaux pics se combine harmonieusement au sifflement strident des disqueuses qui débitent des poutrelles métalliques. L’odeur de poussière et d’ozone est plus forte que la bonne senteur des petits pains frais que présente encore un courageux boulanger. Un boucher et quelques légumiers persistent à vendre leur marchandise. Nous connaissons des marchés plus attrayants mais nous sommes des optimiste et nous viendrons voir la rénovations lors de notre prochaine visite de la ville.

Ce matin à la sortie du train à la gare du Zoologischer Garden, nous avons poussé la porte de l’église moderne octogonale qui jouxte la Gedächtnis-Kirche. Son intérieur sobre et la lumière bleue des vingt mille blocs de verre des fenêtres lui confère la sérénité que l’on attend de ce lieu.
La Keizer-Wilhelm-Gedächtenis-Kirche est la ruine d’une église détruite en 1943 et dont le clocher fortement endommagé à été gardé comme mémorial. Selon les affiches, la ville cherche des fonds pour maintenir la ruine en bon état.

La Berlinische Galerie est un des seuls musées ouvert le lundi et aujourd’hui, c’est ‘Happy Monday’, le premier lundi du mois et le prix de l’entrée est fixé à 2€.
J’aime le grand volumes des salles d’exposition, j’aime l’art contemporain plus que l’art moderne et l’art moderne plus que tout le reste. Mais j’aime aussi les cartoons et le Berlinische consacre deux salles à des dessins de Karl Arnold, un cartooniste qui connu les deux guerres mondiales. Selon ses biographes, avant ’40 il critique le régime nazi et il ridiculise Hitler. Pendant la guerre, il reste en Allemagne et il produit des dessins animés pro-Hitler, allez savoir.
Il a dit un jour:
« Längere Zeit war ich in Berlin. Dort bin ich immer gern. Diese Stadt ist so lustig verrückt. »
(Karl Arnold 1923)

Sur ce point on est d’accord avec lui.

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Churchill, Stalin et Truman

Dans la villa où logea le président Truman une quinzaine de jours pendant les négociation de la conférence de Potsdam, le propriétaire avait 2 chèvres qu’il avait qui baptisé Winston et Harry. Elles mangèrent deux des trois ginkgos qu’il avait planté dans le jardin en souvenir d’Hiroshima. L’Histoire veut que c’est dans cette villa que la décision fut prise d’utiliser les bombes atomiques pour mettre fin à la guerre avec le Japon. En face de l’habitation, de l’autre côté de la rue, une espèce de grand menhir noir couché dans l’herbe rappelle la catastrophe.

Nous suivons un guide à la voix de stentor qui nous relate maison après maison, les anecdotes liées aux villas de la « Villenkolonie Neu Babelsberg ».
Cette partie de la ville fut colonisée à la fin du 19e siècle par de riches Berlinois, en grande partie d’origine juive. Elle est située le long de la Griebnitzsee, à 4 km des studios de Babelsberg, le pendant Allemand de Hollywood.
Fritz Frost, notre guide a travaillé dans ces studios et il est intarissable sur la vie intime des stars, de Marlène Dietrich à Heinz Rühmann, pour en citer deux que nous connaissons. Ces belles dames et ces beaux messieurs ont tous vécus, été logés et ont festoyé dans cette belle partie de Potsdam.

Au fil de l’histoire du siècle dernier, beaucoup de domaines ont changé de main, des propriétaires juifs aux pontes du nazisme, suivis par les dignitaires de la DDR et ensuite retour aux proclamés possesseurs originaux. Ce vas-et-vient ne s’est pas passé sans peine, les expropriations douloureuses du départ ont été remplacées par des juteux combats juridiques dont certains courent encore.

Trois de ces grandes demeures ont logés Truman, Churchill et Stalin lors des négociations qui ont aboutis au traité de Potsdam et au partage de l’Europe entre la Russie, les USA, l’Angleterre et la France le 2 août 1945. Il faut rappeler que Stalin avait comme atout majeur sa puissante armée qui occupait Berlin et Truman dans sa manche le non moins puissant atout de la bombe nucléaire qu’il venait de faire éclater 2 jours plus tôt sur le Japon. On lit que l’ambiance était bonne si pas bon enfant, mais tout se solda néanmoins rapidement par 45 ans de guerre froide.

Une des dernières villas que nous pointe Fritz est celle ayant appartenu à Eta von Tresckow. C’est ici que Claus von Stauffenberg se réunit avec les autres membres du complot pour discuter et préparer l’attentat contre Hitler.

Avant de nous quitter, Fritz souligne que Potsdam est une ville historique beaucoup plus importante que Berlin, on commence à s’en rendre compte.

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Potsdamer Stadtsschloß et le façadisme

Potsdam est connu pour avoir été le siège du partage de l’Europe par Truman, Churchill et Stalin en 1945.
Avant cela, l’endroit était le lieu de prédilection des empereurs Prussiens qui y firent construire d’innombrables châteaux, villas luxueuses et autres églises dans les parcs qui ceinturent la ville.

La deuxième guerre mondiale ne l’a pas épargnée et le Stadtsschloß fut fortement endommagé.
En 1945, l’armée soviétique boucla l’encerclement de Berlin à Ketzin – nous y avons fait un arrêt en juin dernier – et Potsdam se retrouva dans la DDR. L’économie planifié de ce nouveau pays le mit en faillite en moins de temps qu’il ne faut pour dire et faute de moyens, la ville et ses richesses historiques continuèrent à se dégrader progressivement. Au début des années cinquante, ce qui resta des ruines du Schtadtsschloß fut dégagé à la dynamite à l’exception quelques éléments de valeur qui furent sauvegardés grâce à l’action de quelques citoyens bien intentionnés.

Les architectes de la DDR, connus pour leur prédilection du style neo-staliniste inventèrent d’ériger à l’endroit de l’ancien château, en face de la Nikolai Kirche, un théâtre moderne.
Après la réunification de l’Allemagne en 1990, on ressortit la dynamite des dépôts, ce qui avait été érigé fut détruit et les discussions commencèrent.

En 2005, quinze années, vingt et un mètres cube de dossiers et dix-sept hectolitres de salive et de sueur plus tard, la décision tomba de reconstruire un château dans le style de ce qu’il avait été en utilisant les 600 et quelques pièces de la façade originale, sauvegardées lors du premier dynamitage.
Le façadisme est un fléau universel.

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Glienicke Brücke, l’exclave et la poterie

Pendant la guerre froide le Glienicke Brücke formait la frontière entre l’Est et l’Ouest. Il servit essentiellement au passage de militaires et à l’échange d’espions. Au dernier recensement, 38 agents de la CIA et du KGB traversèrent le Havel à cet endroit.
Le plus célèbre échange est celui du pilote de l’avion espion U-2 Francis Powers, contre l’agent du KGB Rudolf Abel.
Ce matin nous avons pris le tram 93 du Alte Markt vers le Glienicke Park. Comme dans la majorité des parcs qui ceinturent Potsdam, il contient quelques châteaux, une orangerie, des écuries, un casino avec une vue imprenable sur le lac et un faux château fort médiéval qui abrite la chaufferie et les pompes qui actionnent les fontaines.
Les chateaux à gauche du Glienicke Brücke sont d’inspiration italo-byzantine et le grand Schloß et le petit Schloß Babelberg, à droite du pont, néo-classiques, question de satisfaire tous les goûts.
Pendant la période de séparation, le parc avec ses châteaux et ses villas formait une des 12 ‘exclaves’ de Berlin. Par une des bizarreries du partage des terrains, ces îlots appartenaient à l’Ouest mais ils étaient emmurés dans la partie Est du pays.
Leurs habitants avait un droit de passage mais il était empreint d’une telle bureaucratie que les pères de famille n’étaient pas motivés à passer la frontière le dimanche matin pour chercher des croissants chez le boulanger de l’autre coté du pont.
De retour à Potsdam nous flânons dans les rue du quartier Hollandais – le Holländisches Viertel – où a lieu le Töpfermarkt annuel. C’est une foire à poteries et potiches de toutes les formes et toutes les couleurs qui attire plein de monde en quête d’ajouter à leurs étagères déjà bien remplies, un nouvel attrape poussière.
En 1733 Frédérique Guillaume I attira des spécialistes Hollandais pour l’aider au drainage des marais des environs de Potsdam. Pour ne pas trop les dépayser, il fit construire 4 blocs de maisons en brique rouge dans un style ‘Hollandais,’ d’où le nom du lieu.
Aujourd’hui on reconnait les maisons de nos immigrés aux antennes paraboliques.

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Le Waschbar et le boudin

Le Waschbar est ce que le mot dit, un bar sympa où l’on peut venir laver son linge sale, dans le sens littéral du mot. Les machines portent des noms de femme, ça va faire râler les féministes. On peut aussi y boire et manger et Marleen passe la matinée à nous remettre en propre.
Aujourd’hui c’est ‘relâche,’ Berlin pompe et nous avons décidé de prendre quelques jours de repos et par conséquent mes écrits journaliers serons plus brefs qu’à l’accoutumé.
Et puis à Potsdam il y a aussi de beaux graffitis
Si cela intéresse quelqu’un, ce soir nous mangeons du boudin, ce n’est pas très végétarien, mais on aime ça.

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Friedrichshain ou lorsque la réalité rattrape le musée

Même ceux doués de peu d’imagination peuvent laisser à gauche le musée de la DDR et venir se plonger dans un quartier qui vingt ans après donne encore une image très réaliste de l’Est de Berlin.
Dans un établissement situé au coin NE de la Frankfurter Tor, nous dégustons un des meilleurs cafés que nous ayons eu l’occasion de boire depuis que nous vivons à Berlin.
L’endroit qui est tenu par un sympathique couple Turc, est ‘gemütlich’ – une notion qui malheureusement n’existe pas en français – au point ou on aurait envie d’y passer une heure ou deux. Mais Humana, le ‘Second Hand Kaufhaus’ situé à côté s’ouvre à dix heures et nous sommes impatients d’aller y jeter un coup d’oeil.
On y vend essentiellement des vêtements, quelques jouets, des livres et des objets hétéroclites, cela fait penser aux centres de recyclage que l’on trouve en Flandre, sous le nom de ‘Kringloop winkels’.
On ne peux pas juger du contenu, mais l’architecture à quatre niveaux du bâtiment nous fait croire qu’il doit s’agir d’un grand magasin de l’époque de l’Est, pas très glamoureux mais fonctionnel.
La Frankfurter Allée est flanquée de ‘palais pour ouvriers’ (sic) construits dans les années cinquante dans un style qui fait plus penser à Moscou qu’à Berlin.
Dans la Boxhagenerstraße, à l’entrée d’un cimetière ou l’on voit peu de croix, est située une vieille chapelle qui pendant la journée est utilisé pour le culte et le soir sert de plateforme pour du théâtre expérimental.
Pendant toute notre promenade Marleen éprouve autant de plaisir avec son appareil digital que les tagueurs et les tagueuses avec leurs bonbonnes de peinture colorée.
Nous terminons la promenade numéro six du livre de Marjolein den Hartog à l’Oberbaumbrücke qui mérite sa réputation du plus beau pont de Berlin. Construit en brique rouge à la fin du 19e siècle, il fonctionna comme poste de douane sur la Spree pour contrôler les bateaux qui entraient et sortaient de la ville et pendant la guerre froide il fit office de poste de frontière entre l’Ouest et l’Est.

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Les angelots casqués et le KaDeWe

Quatre griffons rouges qui feraient le bonheur de Harry Potter, défendent l’entrée du Moltkebrücke qui enjambe la Spree au sud de la Hauptbahnhof. Les lampadaires sont tenus par des féroces angelots casqués, armés de glaives et de lances et battant des tambourins, ça nous change des bambins de Boticelli.
Aujourd’hui nous longeons la Spree de la Hauptbahnhof jusqu’au sud de la Museuminsel, question de voir de la berge, quelques ponts intéressants que d’habitude nous franchissons par le dessous.
Mon préféré est le Jungfernbrücke, le dernier pont levis de la ville. J’aime sa structure en bois et son mécanisme de levée, simple et harmonieux. Il est malheureusement situé dans la partie Est de la ville et le canal est à cet endroit bordé de d’immeubles d’habitation néo-stalinistes dont il convient de faire une abstraction visuelle et mentale car c’est moche.
‘Guten Morgen Franz’ est l’endroit yuppie où nous nous arrêtons pour prendre un cappuccino, ce qui souligne une fois de plus, qu’en marketing, le choix du nom est important.
En face du Bundestag, quelques croix témoignent qu’ici une tentative de quitter la DDR à la nage s’est soldées par un échec.
J’ai la mauvaise idée de suggérer d’aller prendre un lunch au KaDeWe. Sur une échelle linéaire on aurait à un bout le KaDeWe avec ses sept étages de produits de marque et de grand luxe à des prix exorbitants et en quantité sans fin et à l’autre bout le Treptower Hallentrödel dont je parlais hier. Le sixième étage est entièrement consacré à tout ce qui est mangeable, même luxe, même prix et les mêmes quantités que le non comestible. Comme hier, Marleen en est malade; nous fuyons et sur une terrasse de la Wittenbergplatz nous dégustons avec plaisir une boulette pommes de terres froides à la crème, une des spécialités Berlinoises.

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Dimanche, la pluie et les puces

Je n’aime pas les dimanches et j’aime encore moins les dimanches pluvieux. Heureusement qu’à Berlin, tous les weekends, il y a des puces tant sous la pluie que dans des halls couverts. Nous faisons confiance à Hachette qui nous renseigne le Treptower Hallentrödel, situé dans un ancien dépôt d’autobus et qui mérite un ‘coup d’oeil’ pour l’architecture, dit le guide. Dans l’avenir on va se méfier des recommandations architecturales de Hachette mais le contenu vaut le déplacement si ce n’est que pour se voir confirmer que nous vivons dans une société ou la quantité d’objets de qualité médiocre produit et promptement mis au rebus, prime largement sur leur nécessité, leur utilité et leur qualité. Autant que les cimetières, nous aimons et nous parcourons diligemment les puces et les marchés d’antiquités, mais nous n’avons jamais vu un tel amoncellement dense, hétéroclite et recouvert de poussière de potiches, de vêtements, chaussures, bibelots, outils, bidules, commandes à distance, lampes, machins, vélos, prises électriques, je m’arrête ici. Marleen en devient malade et nous fuyons, toujours sous une pluie battante.
Après avoir mangé un croissant dans une boulangerie nous nous rendons dans le Prenzlauer Berg où la ‘Toile’ m’avais renseigné une salle avec des Antik, Kunst und Trödel.
Ça ressemble déjà plus à ce que nous aimons et je découvre une belle maquette en bois d’une barque avec un beau gréement pour 75 €. Le préposé à la vente qui ne doit pas toucher de commission, me conseille d’aller voir dans des puces où des personnes privées ont une moins bonne connaissance des prix, vous en trouverez pour 50 € ou moins, me conseille-il.
Au retour on admire les anciennes toilettes publiques de la Schlessinger Tor qui selon le guide, débitent un des meilleurs hamburger de Berlin.

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La messe au DOM

Mes convictions philosophiques ne m’ont jamais empêché de visiter des églises et des temples mais quand à payer pour pénétrer dans un lieu de culte, il y a des limites et elles sont franchies par les 5 € demandés pour le Dom.
Mais l’endroit vaut bien une messe et Marleen qui est expérimentée et astucieuse, découvre que chaque jour à midi il y a un office d’un quart d’heure qui donne aux fidèles le droit à l’entrée gratuite.
Elle prend l’offre à profit et pendant que je sirote un cappuccino en lisant le Berliner Zeitung dans un café adjacent, elle admire le temple, en écoutant le Pfarrer expliquer sur fond d’orgue, que Dieu a tout prévu et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
On a laissé Marjolein sur le bateau car, comme hier, la pluie est trop présente.
Notre premier but était de visiter la Hamburger Bahnhof, mais nous apprenons que les visites de la collection permanente est gratuite le jeudi après-midi, il n’y a pas de petits profits, on reviendra jeudi prochain.
Le musée de la DDR est une attraction touristique très courue mais que nous aimons éviter.
La Alexanderplatz nous paraît toujours aussi impersonnelle, d’une architecture banale et sans âme, Marleen décrit l’endroit comme étant une ville ‘éclatée.’
Par contre, si j’en juge par la meute des photographes, beaucoup de touristes aiment l’endroit.

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